mercredi 7 janvier 2015

Je suis Charlie

En réponse à l'horreur, à l'anéantissement... Des mots.

Je partage avec vous ceux de mon frère de plume, écrits dans l'indicible colère,
Des mots que seuls, peut-être, la page couchée de traits apaise.

Pour prolonger, pour dire non, pour hurler pourquoi, pour être là.

Parce qu'écrire c'est rester vivant... et là j'en sais quelque chose.

Il a la colère, la beauté et le talent chevillés à l'âme. Il s'appelle Kybah Shade.







Je m'appelle Charlie,
et aujourd'hui j'ai froid,
j'ai pas envie de rire.
J'avais oublié qu'en hiver,
il était bon d'se couvrir.
J'me suis dessiné des mitaines,
et une écharpe bon marché,
j'aurai jamais cru qu'mon rêve,
pourrait m'ôter ma liberté.
Mon crime, celui pour l'quel j'suis condamné,
c'est d'avoir souri sur des sujets où les autres se sont braqués,
C'est d'oser dénoncer, avec second degré, caricaturer une réalité
Souvent trop oubliée.
Mais où vas tu mon monde ? Esclave des arts et des lettres ?
Ta liberté c'est donc de fuir plutôt que de l'admettre ?
Tu appelles au combat, quand nous restons bouffons des rois,
Divertir pour des sourires, est-ce là l'erreur qui nous tuera ?
J'ai froid, j'ai peur. Aujourd'hui le vent me glace le sang,
j'ai l'impression qu'la fin a trouvé son commencement.
Alors courez, hurlez, indignez - vous face à mes dires,
Alors criez, jugez, si être à genoux pour vous c'est vivre,
On ne m'enlèvera rien, on ne m'achèvera pas,
Vous voulez être libres ? Mais vous n'êtes rien de ça.
Alors pleurez, tombez, mais ne regrettez pas,
La vie nous a donné le choix de mener nos propres combats,
Notre arme a été la parole, quelques crayons, ça n'suffit pas,
Il aura suffit d'une fois pour que notre arme ait perdue foi.
Je m'appelle Charlie, et aujourd'hui j'ai froid, j'ai pas envie d'rire.
Non car aujourd'hui je suis mort, et c'est demain que vient le pire
.



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